11/06/2010
Morphologie économique
On y est pour rien après tout.
La langue qui pend, les nerfs qui lâchent, les paupières qui tombent, l'épaule flasque et le pied lourd.
On y est pour rien après tout.
J'en vois se traîner, la panse à terre, les mains sur les oreilles, à câliner la boue tel un boa.
Mais bon sang, qu'est-ce qu'on y peut ?
Ils y sont pour quelque chose, ces fils félins faiseurs de fuite, ces immolables ?
Je suis pauvre, j'y suis pour rien après tout et qu'est-ce que j'y peux ?
Ma langue qui lâche, la paupière flasque et l'épaule qui pend.
J'ai le pied qui tombe .
18:34 Publié dans Prose et autes verbes | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
12/05/2010
We love words
Je suis maintenant membre du 1er site communautaire dédié aux auteurs :
Une plate-forme dédiée aux mots, à ceux qui les assemblent, pour ceux qui souhaitent les consommer.
18:26 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
17/04/2010
Naissance
Moi, Vladimir Poplanski, avoue l’entière responsabilité de ce massacre.
Vladimir Poplanski !
Oui je sais ! Ce que vous voyez là,mesdames, messieurs, n’est qu’absurdité, éphèbe insipide !
Vladimir Poplanski !
Pour tout vous dire, j’aurai du renoncer dès le départ. Car déjà aux prémisses de ma vie, j’ai perdu mon chemin dans les entrailles de ma mère. J’entendais déjà leurs imprécations, mais rien n’y faisait, je ne trouvais pas la lumière de ce monde sec, de ce monde où les bruits vous déchirent les tympans, où les odeurs vous soulèvent le coeur à chaque inspiration.
Vladimir Poplanski !
Mais, vous savez, je m’y plaisais, moi, dans cet utérus, caverne capitonnée, flottant, léger, carpe ou bien morue retenue par un fil. Ah ce que j’aimais cette odeur inerte, ces battements réguliers et ces commérages filtrés. Je ne percevais pas les hordes de chiens savants ou prêcheurs de pacotille.
Oh Vladimir Poplanski !
Et voilà qu’elles me rejettent ! Ineptes entrailles ! Je ne veux pas être cet oedipe qui va aimer sa mère. Mais poussé vers la lumière, je n’ai pu que crier ma haine !
Vladmir, Vladimir Poplanski !
Et voir cet homme debout, la main sur le coeur et le sourire béat, scander mon nom. Quelle dramaturgie ! Je l’entend toujours.
Poplanski, Vladimir Poplanski.
Alors, oui, mesdames, messieurs les jurés, j’ai tué mon père quand la force me l’a permis, pour ne plus l’entendre, jamais.
Puis j’ai essayé de retourner dans les entrailles de ma mère.
Texte écrit, mais non sélectionné, pour le n° 18 de la revue Dissonances (Thème "Entraille")
16:00 Publié dans Chronique d'un homme ... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : nouvelle;littérature;texte bref










