07/05/2008

Cataplasme

Nous n'avions pas prévu cela,

Une illusion, un clair obscur ou la rumeur d'un crime

Non, nous n'étions pas prévus pour ça

Nous gambadons, nous chatoyons, nous califourchons,

Alors qu'est-ce qui s'est passé ? Quel est le phénomène, la génèse de toute cette merde ?

Parce qu'il faut se l'avouer, nous n'étions pas conçus comme ça 

Le père nous appris l'humour et la mère l'amour

Nous nous souvenons, ils ne nous ont pas expliqués ça 

Nous grelottons là sous nos cartons 

Et jusque quand il faudra pleurer toute cette merde ?   

 

 

01/05/2008

Absoudre

J’entre dans le bus, pas tout à fait bondé mais aucune place assise ne me permet de soulager mes pauvres jambes, déglinguées par de longs trépignements dans les rues commerçantes de la ville. J’aspire à retrouver mon chez moi, mon canapé, ma télé, ma table basse où je laisserai traîner mes pieds engourdis.
Je pense à ces instants savoureux et le bus s’engage dans la circulation. Bientôt il tournera à droite dans la rue Anatole France puis place de la République. Je regarde au tour de moi, mes compagnons de voyage. 2 familles maghrébines discutent au fond du bus, les enfants sautant d’un siège à l’autre. Une jeune fille perdue dans un magazine d’adolescent, les écouteurs de son MP3 vissés dans ses oreilles, elle bat le rythme avec son pied droit, un morceau vraisemblablement rapide, un mix de tecktonick peut être. Juste devant elle, un quadragénaire, pardessus anthracite, cravate colorée sur costume sombre, il regarde défiler les bâtiments, les rues, les pietons. Je le vois suivre du regard, une jeune fille promenant son sharpei dans la rue A. France. Il rentre sans doute chez lui, il doit sûrement trouver sa vie sordide et sans intérêt, un femme jolie mais pas superbe, il ne la trouve plus sexy, il pense à cette nouvelle assistante au bureau, il la voit bien promenant son sharpei, il se voit bien tenir la laisse de la main gauche et sa main douce de la droite.
Place de la république, le bus s’arrête à l’arrêt devant la mairie. Quelques personnes descendent, mais toujours pas de place assise. Une vieille dame monte, une mère de famille lui propose sa place mais la vieille dame refuse d’un sourire et d’un geste de la main.
Elle est emmitouflée dans un gros manteau doublé, la fourrure lui protégeant le cou. Elle n’est pas très grande, les cheveux gris bien permanenté. Elle jette des regards sur chacun des passagers, semblant chercher quelqu’un ou jaugeant chacun d’entre nous. Je la vois sourire en regardant les petits du fond du bus. Quand nos regards se croisent, je vois ses petits yeux bleus, entourés de rides moqueuses. Elle ne se détourne pas, je me sens happé par ce regard, presqu’intimidé je repars sur mon quadragénaire mélancolique.
Le bus s’approche du square Jaures. La circulation est difficile, les travaux pour la nouvelle mosquée coupant une bonne partie de la voie.
“Vous croyez en Dieu ?”. La petite veille est devant moi.
“Euh .. non .. pas vraiment” surpris par cette question et cet accostage.
Le bus se fraye un chemin, passe devant la mosquée et se dirige rue Onfray pour s’arrêter devant l’école laïque Voltaire.
“Plus personne ne croit en Dieu, c’est le début de l'apocalypse” Je regarde interloqué cette vieille dame me débiter ses versets, tout en ouvrant son manteau.
Une ceinture de batons de dynamite lui entoure le ventre, des fils bleus et rouge. Je l’entend crier “Jésus notre sauveur”, je la vois appuyer sur un bouton ...


“Nouvel attentat revendiqué par l’organisation intégriste chrétienne “Jesus Notre Sauveur”. 35 morts, autant de blessés. C’est le 3ème attentat en 6 mois de ce mouvement qui se dit proche de l’Opus Dei”
 

20/04/2008

Now future

A la gendarmerie

- Alors ?  

- Et bien la mère de mes enfants est une punk monsieur l'agent.

- Ah ?  c'est ennuyeux

- Oui. Effectivement. A vrai dire, je ne m'en suis pas aperçu tout de suite, les symptômes étaient légers, vous voyez, à peine une nonchalance.

- Evidemment

- Et puis après, de pire en pire. Par exemple, elle a cessé d'appeler sa mère le soir. Ou elle ne mouche plus les enfants qui ont le nez qui coule. Je suis ennuyé. Je pensais qu'il s'agissait d'une dépression, mais non ma femme est punk. Regardez cette photo, on voit la courbe de ses seins.

- Elle n'est pas prude

- Je ne vous fais pas le dire, et encore je ne vous ai pas montré les plus croustillantes.

- Malheureusement nous ne pouvons rien faire, même si nous le regrettons, il n'y a encore aucune loi contre les punks !

- Mais si ça empire ?

- Consultez. Il existe de très bonne thérapie, mon oncle a guerri sa fille rapidement alors qu'elle était punk avancée. Pour vous dire, elle écoutait Henri Salvador en boucle.

- Mais ça fait 20 ans qu'il a disparu !!

- C'est pour vous dire ...

- Comment est-elle maintenant ?

- Plutôt baba cool, pull qui tombe sur les genoux, écharpe au tour du cou, elle donne de la salade à ses enfants.

- Ca fait envie, moi la mienne ne cuisine que de la viande argentine !

- Ca doit être son côté punk. Consultez avant qu'il ne soit trop tard !