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15/09/2007

EN VIE

Deux hommes marchent, effectuant un cercle dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.
L’un s’appelle Marcel et son âge avancé lui demande un effort considérable pour suivre Léo, de 50 ans son cadet.

LEO – Nous sommes là et nous marchons
MARCEL, essoufflé – Oui, nous marchons et nous tournons aussi
LEO – Oui, nous tournons et si nous ne nous dépêchons pas, nous n’y arriverons jamais

Ils restent muet quelques tours, Léo augmente le pas

MARCEL – Tu marches vite et tu tournes court, essayes-tu de me perdre ?
LEO – Nous sommes pressés, tu le sais alors avances !
MARCEL – Moi seul connais la route, ne prends donc pas tes grands airs et ralentis !

Léo ralentit sur un tour, mais reprend aussitôt la cadence, Marcel commence à boiter et ralentit

MARCEL – Et bien vas-t-en ! C’est moi qui t’ai montré la route et c’est comme ça que tu me remercies ?
LEO, revenant sur ses pas – J’en ai marre de te traîner comme un boulet ! Ça fait trop longtemps que tu me suis, je n’ai plus besoin de toi ! Qu’est-ce que tu m’as appris ? À marcher ? À tourner ? Je trouverai la route tout seul, j’ai l’esprit affûté, le sens de l’orientation très développé. Je ne suis pas un vieillard, moi !

Léo reprend son chemin et Marcel s’assoit le regardant partir.
À la fin de son tour, Léo arrive à la hauteur de Marcel
.

MARCEL
– Tu vois bien que tu ne pourras pas faire sans moi.
LEO – Détrompes toi ! Un jour, je repasserais, tu ne seras plus assis mais allongés !
MARCEL – Peut-être qu’alors, claudiquant, tu suivras un gamin…


« J'avais un an de plus. Même alors, la prééminence de ma force physique était plutôt un motif de soutenir, à travers le rude sentier de la vie, celui qui s'était donné à moi, que de maltraiter un être visiblement plus faible »

LAUTREAMONT, Les chants de Maldoror 

02/09/2007

Au crépuscule


podcast

01/09/2007

Royaucratie

Tous occupés à épousseter, à graisser le sens pileux
Ne vivant plus que pliés, inclinés, que même l’âme s’en émeut
« Avez-vous entendu ses paroles mélodieuses ?
L’avez-vous vu, fustigeant vils et calomnieuse ? »
Ne vivant plus que pliés, yeux fermés, que même la langue s’emmerde
Et lui,
Annexant de nouveaux symboles jusqu’à ce que désobéissance se perde
« Il se peut que l’on ne m’aime pas
Je comprends ; c’est courageux de se cacher dans les bois »
Ne vivant plus qu’entouré de saltimbanques,
De fous
Revenus d’au-delà des montagnes
Tous occupés à compter, sortant de leur planque
Que voulez-vous
Ne perd pas celui qui gagne
« Avez-vous peur ? »
Quelque part ici, dans une royaucratie,
Tous occupés à épousseter, pliés, inclinés.

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