26/01/2009

Hypocondriaque

J'ai comme une boule au fond de moi, un truc qui ne passe pas. J'ai l'impression d'avoir la terre entière dans l'oesophage, Poutine enfourchant un gazoduc au fond des tripes, la bande de Gaza dans les poumons,  la retraite à 70 ans dans l'humérus. Peut être que je me fais trop de bile, que je somatise pour autrui.

Le docteur me dit qu'il faut prendre du repos, que je manque peut être de fer, mais quand je me repose, d'autre bosse pour moi, travaille plus pour que je dorme plus, ça n'est pas convenable docteur. Donnez moi des vitamines, des billes d'homéopathie, un anti-anxiolitique, une infirmière à domicile.

Ma femme me dit je suis hypocondriaque, que j'ai la maladie des autres, que j'ai tous les cancers du monde, que ça n'est pas sérieux de faire un accident cardio-vasculaire tous les jours. Est-ce de ma faute, si elle est toujours en bonne santé ? On a quand même le droit de souffrir quand ça nous dit ?

Mon psy me dit  que je veux retrouver le liquide amniotique, que j'aimerai revenir dans le ventre de ma mère, que je n'ai jamais fait le deuil ombilical, que j'ai peur de la vie parce que j'ai peur de la mort, qu'en fait je me fous pas mal des autres mais que je prend leur état maladif comme l'image de ma propre mort. Moi je me dis qu'il ferait mieux de voir un psy mon psy.

Ma mère me dit qu'elle est triste pour moi, que je peux venir chez elle, elle me fera une soupe au pistou et un lapin à la bière, qu'elle a sorti l'édredon rouge celui que j'aime tant et qu'elle l'a mis sur mon lit, dans ma chambre d'enfant, que mon père ne sera pas là, parce qu'il y a longtemps qu'il n'est plus là mais que je sais tout ça et que promis elle n'en parlera pas.

Mon député me dit qu'il ne peut rien pour moi. Il est de droite et je ne l'aime pas.

J'ai comme une boule, un truc qui reste là, je vais m'asseoir sur la lunette et attendre que ça passe.

 

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