28/01/2009
Homo Plasticius - 2 -
Tout en discutant, elles arrivaient devant la porte de l'appartement. La maîtresse de maison introduisit sa carte d'entrée, la porte s'ouvrit. Un homme attendait derrière.
Certains d'entre nous se souviennent des hommes. Tels qu'ils étaient alors tout puissant, alors maîtres du monde. Le machisme était vertu. Non pas que la femme fut rabaissée au rang d'accessoires comme les hommes d'aujourd'hui, quoiqu'il ne fut pas rare d'entendre le terme « Femme-Objet », mais elle ne tenait qu'un rôle d'auxiliaire dans la vie sociale. On la trouvait plus souvent en cuisine qu'au salon. Si la beauté des femmes érigeait les ardeurs masculines, il était malgré tout inconvenant d'en placarder les murs, Puis tout ceci changea. La femme, en même temps qu'elle entrevoie un avenir personnalisé, se voie devenir de plus en plus un objet de désir. Chaque afficher chaque publicité télévisuelle chaque écran de veille d'ordinateur ne se privait de montrer les parties anatomiques, jusqu'alors tabou, de la femme. Là où secrètement les hommes s'envoyaient en l'air dans des bordels, on agrémentait les vitrines de magasin de femmes vivantes, en petite tenue, jambes quelque fois écartées, poitrine toujours dégagée sollicitant l'appétit masculin. Il y eut alors deux clans: les féministes et les visionnaires.
Les féministes se battaient contre l’impérialisme masculin. Réclamant des postes de pouvoir, réclamant un rééquilibrage des appointements mensuels, s'arguant d'être capable d'occuper chaque poste de leurs congénères de sexe opposé, les féministes ne se laissaient pas faire. Elles s'insurgeaient contre l’étalage de leur chair sur la place publique et partaient au front contre toute forme de discrimination sexuelle. Les visionnaires, elles, jouaient de leur féminité. Les hommes aiment ça ! Profitons-en! Elles étaient tout ce que combattaient les premières. Elles usaient de leurs atouts, de l'imbécillité masculine et de leur incapacité à gérer convenablement les rapports hommes~femmes. Tout ceci pour obtenir, ce qu'elles convoyaient toutes: une véritable égalité, voire plus. Nul ne sait, lequel des deux clans à gagner. On pouvait comptabiliser les points des unes et des autres. Mais, de toute façon, personne ne saurait dire si ces points étaient justifiés! Lorsque, par exemple, la loi sur la parité homme-femme dans la politique fut mise en place, nul ne sut vraiment si cette loi fut votée grâce aux pouvoirs conjugaux des femmes des députés, appartenant aux visionnaires, ou sous l'influence de la pression des féministes.
L'homme. Il était brun pas forcément beau, même si ce type de beauté avait pu plaire aux femmes à une époque, lorsque celles-ci attachaient des critères de beauté à leurs envies sexuelles. Un nez trop plat, des joues trop saillantes. Une carrure de forçat. II se tenait très droit, les bras en équerre. Sur l'épaule droite un manteau féminin, une écharpe cachait son épaule gauche. Elles passèrent devant sans le regarder.
« Ca n'est donc pas ton porte-manteau que tu as changé! »
- Non, je pense que tu vas être surprise. J'ai fait dans le design, au top de la mode!
- Tu m'intrigues ... »
Elles traversèrent le couloir pour atteindre le salon.
« Assieds-toi. Je vais nous faire préparer du thé. » Elle lui indiqua un homme à genou, cambré, les fesses posées entre les chevilles sur un coussin. Pas de torture.
à suivre ...
09:30 Publié dans Nouvelle à suivre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nouvelle, anticipation, société










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