31/01/2009
Homo plasticius - 3 -
Toujours est-il que les femmes ont pris le pouvoir, pour ne pas dire les pouvoirs. Les hommes sont devenus les potiches de la société. Tout commença par l'élection de la première femme au poste de président de la république. Valérie Miranes. Une femme. Une sacré femme! Elle décréta que la loi sur la parité était une absurdité. Elle réussit à mettre quelques députés masculins dans sa poche, la loi fut abolie. Mais la loi avait fait son travail. Les femmes avaient incrusté la sacro-sainte politique. Plus les élections se suivaient, plus la gent féminine allait voter, plus la population masculine se désintéressait du sujet. De fait, au bout d'une dizaine d'années, encore quelques hommes parsemaient l'hémicycle.
Valérie effectua deux quinquennats, Nina El Hadin lui succéda. Elle composa une équipe ministérielle totalement féminine. Femmes de droite et femmes de gauche. Un détail. Depuis longtemps, on savait pertinemment que le clivage « droite gauche» était une ineptie. Les idéologies étaient encore vivaces mais déjà au temps de Minares, chaque bonne volonté, chaque bonne idée trouvait sa place au pays des législateurs.
Alors tout s'inversa, les femmes prirent les reines du pouvoir dans toutes les grandes entreprises et dans tous les ménages, on vota des lois pour permettre aux hommes de rester plus facilement à ta maison[ on légiféra pour emprisonner à vie les hommes coupables de maltraitance conjugale, bref, la place de l'homme dans la société devenait de plus en plus fébrile. Et eux ne se plaignissent pas, acceptant tout, allant jusqu'à dire qu'il s'agissait d'un phénomène de mode. Pour la plupart, ils étaient même heureux de ne plus endossés aucune responsabilité.
Côté natalité, là aussi, les choses se dégradèrent pour la gent masculine. Tout d'abord, la natalité baissa, les femmes n'avaient plus le temps de faire des bébés, ni même, d'ailleurs de se marier ou tout simplement de trouver un compagnon. Les gigolos faisaient office de placebo qui remplacèrent les putes sur les trottoirs. Puis, quand il arrivait qu'une femme soit enceinte, elle avortait s'il s'agissait d'un garçon, évitant de mettre au monde de nouveaux martyrs!
Miss mules argentées s'installa sur les fesses de l'homme et s'adossa à son torse. Il était vêtu d'une combinaison de velours couleur patchwork. Il y avait du bleu, du jaune, du vert.
« Tu aimes les couleurs? Je les ai changées la semaine dernière, questionna la maîtresse de maison revenant de la cuisine.
- Oui, très sympa, ça suit avec ton parquet, répondit l'invité. » l'amphitryon s'assit sur un coussin.
« Tu n'en as qu'un? remarqua la convive
- Oui, je n'ai pas encore trouvé un autre qui m'allait parfaitement, comme celui là. J'ai essayé le porte manteau, tu as vu son gabarit ? il aurait pu être parfait. Mais non, les cuisses trop musclées, du coup, c'est inconfortable. De toute façon, j'aime assez les coussins. Allez fauteuil adoré, masse-lui les épaules comme tu le fais si bien !» L'homme s'exécuta.
« Aah ... quel plaisir! Le mien n'a pas ce don! »
En moins de vingt ans, l'homme disparut totalement de la vie sociale. Il n'eut plus le droit de vote, ni même de travailler dans un but lucratif. La femme est rancunière. Puis ce fut pire. Les femmes jetèrent à la rue mari et fils, prétextant que de toute façon, rien n’était plus encombrant! La femme est revancharde! Bientôt, les hommes se regroupèrent dans les campagnes désertées, dans les immeubles désaffectés, dans les caves, créant une société parallèle. Mais le fléau existait toujours, plus terrible que jamais : l'argent restait le seul moyen d'exister. Il fut encore un temps où ils auraient pu entrer au service de femmes comme cuistot, homme à tout faire, mais la robotique, la domotique les avaient supplantés.
Alors il ne leur restait que de maigres solutions: gigolo sur le trottoir, gigolo de luxe pour les plus chanceux ou le retour à la terre dans des confréries religieuses ou athèes qui se développaient de plus en plus.
« Bon alors tu me la montres cette nouvelle chose?
- oui oui, mais j'ai envie de faire durer le suspense ...
- Ah, tu es dure ! Dis-moi au moins où tu l'as trouvée !
- C'est une nouvelle idée de Koralie Aluen, j'ai vu ça dans Innov'Mag et j'ai craqué! »
à suivre ...
12:29 Publié dans Nouvelle à suivre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nouvelle, anticipation, société










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