<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?>
<rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom">
<channel>
<atom:link href="http://sexedesanges.hautetfort.com/index.rss" rel="self" type="application/rss+xml" />
<title>Sexe des anges</title>
<description>Blog littéraire</description>
<link>http://sexedesanges.hautetfort.com/</link>
<lastBuildDate>Sat, 28 Nov 2009 09:36:58 +0100</lastBuildDate>
<generator>Hautetfort.com</generator>
<copyright>All Rights Reserved</copyright>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://sexedesanges.hautetfort.com/archive/2009/11/28/nuit-de-la-solidarite.html</guid>
<title>Nuit de la solidarité</title>
<link>http://sexedesanges.hautetfort.com/archive/2009/11/28/nuit-de-la-solidarite.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Selig TELOIF)</author>
<category>Juste des mots</category>
<pubDate>Sat, 28 Nov 2009 09:36:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;Hier, c'était la nuit de la solidarité, les citoyens étaient appelés à vivre une nuit comme les sans-abris ....&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un texte que j'avais publié en décembre 2006 :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: mceinline;&quot;&gt;Enfant de Don Quichotte&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;&quot;Unwizely, Santa offered a teddy bear to James,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;unaware that he had been mauled by a grizzly earlier that ear&quot;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;Tim Burton&lt;/strong&gt; -&amp;nbsp;&lt;em&gt;The melancoly death of oyster boy&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je me suis levé. Les bras et les articulations des jambes engourdis.&lt;br /&gt; Je ne sais pas si j’ai dormi. Je crois que oui pourtant. Mais putain ce que j’ai eu froid. J’ai cru que mon cœur allait s’arrêter. Je me disais « t’endors pas ! Si tu t’endors t’es mort.»&lt;br /&gt; Je sens encore les pavés des bords du canal Saint-Martin dans tout le dos.&lt;br /&gt; Quand je suis sorti de la tente, il y avait déjà du monde dehors. Il y avait Bernard avec qui j’avais bu quelques coups hier soir. Bernard a 46 ans, depuis déjà 2 ans dans la rue.&lt;br /&gt; Il y avait aussi Paulette qui se réchauffait à coup de cubit de côte du rhone.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je ne sais pas trop quoi faire, j’ai mal partout et je suis frigorifié.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il fait encore nuit et l’humidité du canal nous transperce de partout. Je les regarde les uns après les autres, Bernard, Paulette, Rémy … ils vaquent déjà à leurs occupations. Trouver de quoi manger, aller au boulot. Rémy bosse sur un chantier de rénovation d’un appart dans le 17ème, m'a-t-il dit.&lt;br /&gt; Je les regarde et m’en vais.&lt;br /&gt; Je retrouve ma voiture et repars chez moi avant de rejoindre le bureau.&lt;br /&gt; Je me glisse dans le bain brûlant. Je ne sais pas quoi penser.&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://sexedesanges.hautetfort.com/archive/2009/11/21/5b45c69046e8c1330450afbdc68f5613.html</guid>
<title>Un jour aux Tuileries</title>
<link>http://sexedesanges.hautetfort.com/archive/2009/11/21/5b45c69046e8c1330450afbdc68f5613.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Selig TELOIF)</author>
<pubDate>Sat, 21 Nov 2009 10:12:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; alt=&quot;Tuileries.png&quot; id=&quot;media-2114019&quot; src=&quot;http://sexedesanges.hautetfort.com/media/01/01/1497564021.png&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis resté longtemps, les clapotis réguliers battant les secondes, les minutes puis les heures. Je me suis endormi. J'ai attendu. Observé les mouvements.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'était une journée ordinaire pour des gens ordinaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://sexedesanges.hautetfort.com/archive/2009/10/24/allumeur.html</guid>
<title>Allumeur</title>
<link>http://sexedesanges.hautetfort.com/archive/2009/10/24/allumeur.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Selig TELOIF)</author>
<category>Personnages</category>
<pubDate>Sat, 24 Oct 2009 10:04:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;On se connaît, elle m'a demandé. Evidemment, je n'avais aucune excuse honorable de la fixer depuis la station Pont de Bois. J'étais juste attirée par l'arête de son nez, le chocolat de ses yeux, l'ourlet de ses lèvres. J'ai balbutié pour m'en sortir un &quot;euh ... tu n'es pas Cassandra&quot;, m'appuyant sur les faibles statistiques de ce prénom désopilant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;Euh .. oui, c'est moi .. mais je suis désolée, &amp;nbsp;ton visage ne me dit rien&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://sexedesanges.hautetfort.com/archive/2009/09/20/b3a15f4fe45aa0865a45f0085ad9b223.html</guid>
<title>Brèves de trottoir</title>
<link>http://sexedesanges.hautetfort.com/archive/2009/09/20/b3a15f4fe45aa0865a45f0085ad9b223.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Selig TELOIF)</author>
<category>Juste des mots</category>
<pubDate>Sun, 20 Sep 2009 10:24:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;Je suis sur le trottoir en face de chez moi. La porte est ouverte, une femme sur le perron, ma femme. Comme j'ai aimé cette femme ! Un coeur de pierre mais une peau de soie. J'ai encore le goût de notre premier baiser, café au lait à peine sucré. Je ne me suis jamais demandé comment ni pourquoi j'étais dingue de cette femme, peut être le grain de beauté juste au dessus du nombril que je caressai sans cesse. Je suis sur le trottoir, elle m'inflige des logorrhées, une douche de mots, parfois des hurlements. Je regarde cette femme hystérique à qui j'ai fait l'amour tant de fois avec onctuosité me chasser de chez moi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;Dégage !&quot;. Elle ferme la porte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis sur le trottoir en face de chez moi. Je sonne. Elle ouvre, attrape ma cravate, tire mes lèvres jusque ses lèvres et referme la porte d'un coup de talon. Nous faisons l'amour dans le hall.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis chez moi en face du trottoir que je retrouverai sans doute avant ce soir. Je ne sais pas pourquoi je suis dingue de cette femme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://sexedesanges.hautetfort.com/archive/2009/07/31/0252413d5ea612cd6d31c75e3ad6a981.html</guid>
<title>Donner cher</title>
<link>http://sexedesanges.hautetfort.com/archive/2009/07/31/0252413d5ea612cd6d31c75e3ad6a981.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Selig TELOIF)</author>
<category>Fiction musicale</category>
<pubDate>Fri, 31 Jul 2009 17:34:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;Les pieds traînent dans la poussière, les particules de terre flottent et enveloppent ses chevilles, salissent le pantalon de toile dont les ourlets se remplissent à chaque pas. Chaque pas mal assuré semble être le dernier. Mais il avançe coûte que coûte. Une musique de Ali Farka Toure lui revient en mémoire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://sexedesanges.hautetfort.com/media/01/02/1176902490.mp3&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://static.hautetfort.com/backend/blogs/images/extras/podcast.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;podcast&quot;/&gt;&lt;/a&gt;&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://static.hautetfort.com/backend/blogs/images/extras/dewplayer.swf?son=http://sexedesanges.hautetfort.com/media/01/02/1176902490.mp3&quot; width=&quot;200&quot; height=&quot;20&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://static.hautetfort.com/backend/blogs/images/extras/dewplayer.swf?son=http://sexedesanges.hautetfort.com/media/01/02/1176902490.mp3&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;pluginspage&quot; value=&quot;http://www.macromedia.com/go/getflashplayer&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il donnerait cher pour s'asseoir sur un sofa, allumer la chaîne hifi et lancer Talking Tumbuctu en stéréo. Mais il remue la terre sous un soleil de plomb, les dernières gouttes de sueur que son corps peut encore produire ne le&amp;nbsp;rafraîchissent&amp;nbsp;même pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il donnerait cher pour s'asseoir à la terrasse d'un café, commander une vodka citron et regarder les filles se déhancher sur le trottoir du boulevard. Mais il arpente un sentier de terre battue que le bonheur ne semble pas avoir emprunté.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il donnerait cher pour s'asseoir au bord du lit, la regarder dormir dans une nuisette satin et lui caresser doucement les jambes. Mais elle l'avait jeté de la voiture sur un chemin de terre qui vient d'ailleurs et ne semble mener nulle part.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il donnerait cher pour vomir tout cet alcool et cette connerie humaine qui lui imbibent les yeux.&lt;/p&gt;
</description>
<enclosure url="http://sexedesanges.hautetfort.com/media/01/02/1176902490.mp3" length="" type="audio/mpeg"/>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://sexedesanges.hautetfort.com/archive/2009/07/20/apolline.html</guid>
<title>Apolline</title>
<link>http://sexedesanges.hautetfort.com/archive/2009/07/20/apolline.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Selig TELOIF)</author>
<category>Personnages</category>
<pubDate>Wed, 22 Jul 2009 10:00:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;Antonìo se prépara avec plaisir&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; pour accompagner Nati, sa tendre épouse, à l’Algeria prendre le petit déjeuner. Il savait qu’ils y retrouveraient leur couple d’amis Javier et Maria-Jòse. Ils s’y donnaient rendez-vous tous les vendredis. C’était devenu un rituel, presqu’une accoutumance, un besoin simple de parler du vieux-temps qu’il soit bon ou mauvais. Souvent entre deux cafés, ils préféraient n’évoquer que les bons, presque toujours les mêmes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ils arrivèrent les premiers au café du centre de San-José. Il y avait déjà foule, plus aucune table n’était disponible à l’intérieur du restaurant, les habitués ayant pris d’assaut les tables à l’abri du soleil andalou déjà brûlant à 10h du matin. Ils s’en moquaient, ils aimaient le soleil, la douceur ignée du vent venu du sud et charriant avec lui quelques effluves de figuier.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Antonìo s’installa à une table en terrasse laissant son épouse passer commande. Il la regarda se diriger vers le bar. Le temps avait fait son ouvrage, fanant et creusant la peau tannée par le soleil, chaulant la longue chevelure brune, élargissant la descente de reins si souvent jalousée, claudiquant la démarche de danseuse indienne qui l’avait fait craquer. Mais, malgré ses 92 ans, il la trouvait toujours aussi belle et la chérissait plus que tout, il bénissait la vierge de lui avoir laissé toutes ses années à ses côtés et priait qu’il y en ait encore quelques unes.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Javier et Maria-Jòse arrivés, ils entamèrent le churros, long serpent de pâte à beignet frite, et leur café au lait. Javier commentait sa lecture d’El Paìs, et comme à chaque fois, il se demandait, prenant la tablée à partie, dans quel monde pouvions nous bien vivre et son épouse de rétorquer qu’il y a encore trente ans c’était pire. Mais Antonìo n’écoutait plus, il observait un couple de touristes et leurs deux enfants qui venaient de prendre place sur la table d’à côté. Il s’amusa d’abord de leur trouble, ils ne savaient visiblement pas ce qu’il convenait de faire pour être servis. Puis, prêtant plus attention, il reconnut la langue et comprit qu’il s’agissait de Français. La blondeur de la femme, les cheveux tirés en arrière et regroupés en une queue de cheval dégageant de petites oreilles bien ourlées et une fine nuque le projeta comme propulsé par la machine d’HG Wells, 60 ans plus tôt.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Il se voyait à la descente du train dans la gare de Lille après ce long voyage de clandestin, fuyant les affres franquistes et laissant sa Nàti dans sa castille natale. Puis il se souvenait de la filature à Roubaix dans laquelle on le payait pour porter les sacs de laine que les machines avalaient dans un vacarme étourdissant d’engrenages et de pièces métalliques qui s’entrechoquaient. Comment s’appelait-elle déjà&amp;nbsp;? Il voyait encore la rue pavée qu’il fallait suivre et ces maisons collées les unes aux autres comme pour conserver le peu de chaleur que le soleil du Nord voulait bien offrir. Puis il se souvient d’Apolline, la blancheur de ses seins et la blondeur de ses cheveux, un chignon offrant à sa vue deux lobes magnifiques qu’aucune boucle ne venait cacher. Il était devenu fou de cette peau d’albâtre et elle de ce toréro venu de loin. Il faillit oublier les oliviers, les orangers et le Guadalquivir dans les bras flamands qui le réchauffaient d’un hiver difficile. Il y serait encore si la missive le prévenant de la mort imminente de sa mère ne l’avait obligé à prendre le risque de rentrer au pays.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; tab-stops: 336.75pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Antonìo&amp;nbsp;! Antonìo&amp;nbsp;! Que pasa&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; tab-stops: 336.75pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Il s’aperçut que sa femme et ses amis le regardaient surpris, il avait dû rester longtemps à refouler les pavés de cette rue roubaisienne. Il leur fit un sourire les rassurant sur son état mental, se leva et se dirigea vers la table voisine où le couple attendait toujours une éventuelle serveuse.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; tab-stops: 336.75pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&quot;Bonne jour, aller dans le maison pour demander le café.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; tab-stops: 336.75pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Le fantôme d’Apolline le remercia et accepta qu’il l’emmène avec lui dans le café pour y commander deux cafés et du jus d’orange.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il entendit Javier se plaindre de son jeune voisin qui ne respectait pas son grand âge, comme tous les jeunes, de notre temps ... la vie reprenait son cours.&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://sexedesanges.hautetfort.com/archive/2009/07/20/mensonge.html</guid>
<title>Mensonge</title>
<link>http://sexedesanges.hautetfort.com/archive/2009/07/20/mensonge.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Selig TELOIF)</author>
<category>Personnages</category>
<pubDate>Mon, 20 Jul 2009 12:14:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;La femme glissait peu à peu, centimètre par centimètre, vers le fond du trou. Cette lente récession avait commencé quelques jours auparavant&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; quand il lui annonça l’irréversible. Il n’est jamais facile d’entendre une simple vérité. Du factuel. Incontestable. Ca lui fit le même effet que la première fessée que sa mère lui affligea à l’âge où les câlins sont les bienvenus. Elle aurait sans doute préféré un mensonge, qu’il lui dise que ça n’était rien, qu’il ne L’avait pas revue, qu’Elle avait disparu, que tout ce qui s’était passé depuis allait dans le bon sens pour elle. Un mensonge, c’est si subtil, édulcoré, c’est comme l’iceberg que l’on regarde du pont d’un bateau, blanc immaculé, on n’y voit pas dessous. Elle appréciait les mensonges, les omissions, elle appréciait mentir, masquer la vérité, trouver le bon ton et la bonne raison pour que la personne dupée soit immédiatement convaincue. Elle appréciait aussi qu’on ne lui dise pas tout, elle détestait la franchise, ce dédain cruel du bonheur des autres. La cachoterie &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;rend les gens heureux, apporte la joie là où il y a malheur. «&amp;nbsp;Il n’a pas souffert, il souriait même quand il s’est éteint.&amp;nbsp;» Elle se souvenait de la phrase du médecin qui lui annonçait la mort de son père alors qu’elle arrivait avec sa mère à l’hôpital. Elle s’était dit alors qu’il était parti heureux et soulagé. Elle savait au fond d’elle qu’il avait souffert atrocement, que la maladie l’avait rongée jusqu’à la lie mais sa naïveté prenait toujours le dessus.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Son mari&amp;nbsp;n’avait pas cru bon flatter sa candeur et l’avait assénée d’un coup sec, un uppercut cinglant qui l’a mise directement au tapis au sens propre comme au figuré. S’il lui avait menti, jurant sur sa propre vie, même si cela n’avait pas de sens dans ces circonstances,&amp;nbsp;qu’il resterait avec elle, que rien ni personne ne l’enlèverait à elle et que, oui, on ne La verrait plus, qu’Elle ne reviendrait plus, qu’il avait réussi à s’en débarrasser, alors elle lui aurait sauté au cou, lui préparant ses tripes à la mode de Caen qu’il appréciait tant, elle aurait acheté de la nouvelle lingerie, invité ses amis du club de tennis qu’elle ne supportait pas…elle aurait vécu avec elle en la niant jusqu’à son dernier souffle.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Au lieu de cela, elle allait devoir affronter le malheur, sans trouver de goût à la nouvelle lingerie, écœurée par l’odeur des abats et exacerbée jusqu’au dégoût par le conservatisme et la fausse bourgeoisie des joueurs de tennis.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;«&amp;nbsp;Elle est revenue, et là c’est irrémédiable.&amp;nbsp;». Il lui avait dit ça en fermant la porte et en enlevant son imperméable trempé par la pluie de novembre. Elle avait réussi à balbutier – Mais ça n’est pas possible – le regardant mettre ses chaussons.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;«&amp;nbsp;Elle attaque maintenant le foie et le pancréas. C’est mauvais le pancréas. Le professeur Lamblin a été franc avec moi – un de plus qui prend la franchise pour une vertu, s’était-elle dit, elle ne l’avait d’ailleurs jamais aimé ce docteur tout en os pour qui l’oncologie est un sacerdoce – il m’a dit que c’était une question de mois, qu’il était vain d’envisager une nouvelle chimio. Je vais mourir ma mie.&amp;nbsp;».&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Elle aurait tant aimé entendre dire qu’il était enfin guéri.&lt;/p&gt;
</description>
</item>
</channel>
</rss>