28/11/2009
Nuit de la solidarité
Hier, c'était la nuit de la solidarité, les citoyens étaient appelés à vivre une nuit comme les sans-abris ....
Un texte que j'avais publié en décembre 2006 :
Enfant de Don Quichotte
"Unwizely, Santa offered a teddy bear to James,
unaware that he had been mauled by a grizzly earlier that ear"
Tim Burton - The melancoly death of oyster boy
Je me suis levé. Les bras et les articulations des jambes engourdis.
Je ne sais pas si j’ai dormi. Je crois que oui pourtant. Mais putain ce que j’ai eu froid. J’ai cru que mon cœur allait s’arrêter. Je me disais « t’endors pas ! Si tu t’endors t’es mort.»
Je sens encore les pavés des bords du canal Saint-Martin dans tout le dos.
Quand je suis sorti de la tente, il y avait déjà du monde dehors. Il y avait Bernard avec qui j’avais bu quelques coups hier soir. Bernard a 46 ans, depuis déjà 2 ans dans la rue.
Il y avait aussi Paulette qui se réchauffait à coup de cubit de côte du rhone.
Je ne sais pas trop quoi faire, j’ai mal partout et je suis frigorifié.
Il fait encore nuit et l’humidité du canal nous transperce de partout. Je les regarde les uns après les autres, Bernard, Paulette, Rémy … ils vaquent déjà à leurs occupations. Trouver de quoi manger, aller au boulot. Rémy bosse sur un chantier de rénovation d’un appart dans le 17ème, m'a-t-il dit.
Je les regarde et m’en vais.
Je retrouve ma voiture et repars chez moi avant de rejoindre le bureau.
Je me glisse dans le bain brûlant. Je ne sais pas quoi penser.
09:36 Publié dans Juste des mots | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20/09/2009
Brèves de trottoir
Je suis sur le trottoir en face de chez moi. La porte est ouverte, une femme sur le perron, ma femme. Comme j'ai aimé cette femme ! Un coeur de pierre mais une peau de soie. J'ai encore le goût de notre premier baiser, café au lait à peine sucré. Je ne me suis jamais demandé comment ni pourquoi j'étais dingue de cette femme, peut être le grain de beauté juste au dessus du nombril que je caressai sans cesse. Je suis sur le trottoir, elle m'inflige des logorrhées, une douche de mots, parfois des hurlements. Je regarde cette femme hystérique à qui j'ai fait l'amour tant de fois avec onctuosité me chasser de chez moi.
"Dégage !". Elle ferme la porte.
Je suis sur le trottoir en face de chez moi. Je sonne. Elle ouvre, attrape ma cravate, tire mes lèvres jusque ses lèvres et referme la porte d'un coup de talon. Nous faisons l'amour dans le hall.
Je suis chez moi en face du trottoir que je retrouverai sans doute avant ce soir. Je ne sais pas pourquoi je suis dingue de cette femme.
10:24 Publié dans Juste des mots | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : texte court;littérature;nouvelle
01/02/2009
Amphigouri
"Je ne savais pas s'il y était ou s'il s'agissait simplement d'un hématome culturel, sachant bien que culturel est surtout l'effet de la culture. Quoiqu'il en soit, moi-même et mon gourbi n'avions pas choisi l'endroit pour sa multiplicité spatiale. Entendons nous bien, spatiale n'ayant rien de commun avec les étoiles ou autres phénomènes cosmiques. De mémoire, nous avions surtout apprécié les coloris de la lumière et les sons atténués. Pas que le bruit soit handicap mais il semble que cela s'entend tout bonnement.
Indubitablement, parce que tout effet de surprise est avant tout un choix plus qu'un devoir, nous regardions. Et le problème se posait toujours de la même manière, comme un robinet qui part à l'heure du train. Enfin vous savez bien. Y était-il ou parlions-nous d'une synthèse artistique politico-médiatico-post libido contemporain ?
Il s'agissait d'une tâche bleue sur fond rouge sur quelques pistils ocre jaûnatre.
Alors y était-il vraiment l'artiste, dans l'abnégation créatrice ?
Jacques Jalli, critique d'art."
-
- Un amphigouri désigne un discours ou un écrit confus et obscur
12:20 Publié dans Juste des mots | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poème
02/11/2007
Comme un parfum d'aldéhyde
Tout d'abord la caresse.
Elle est là, légère entre mes doigts.
Lascive.
Une taille divine.
Elle est si bien roulée qu'aucune aspérité ne vient en contrarier mes chatteries ...
J'écarte légèrement l'index du majeur de manière à la laisser partir vers le sol,
puis d'un coup sec du pouce je la ramène à sa position initiale.
Puis le parfum.
Au début, une odeur âcre, puis peut être un peu de vanille ou de réglisse.
Nul besoin qu'elle soit chaude pour m'enivrer
Je sens déjà les muqueuses à l'affut, les alvéoles résignées
Je ferme les yeux et me souvient
J'approche mes lèvres
Enfin le touché
Elle y trouve sa place de suite, comme si
Elle aussi se souvenait
Ma langue la taquine, je pince les lèvres doucement
Je craque,
Une allumette
Approche
Je la repousse violemment, la brise au creux de la main
Jette le tout
Souffle l'allumette
34ème jour sans tabac.
12:45 Publié dans Juste des mots | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : poésie
24/07/2007
Melancholy
C'est comme une empreinte dans le sable frais
Les grains qui glissent doucement au fond de la cavité
Elle reste malgré tout, le temps d'une marée
Jusqu'à léchée par l'écume, elle disparait, noyée
On peut l'entendre, sournoise, cette mélancolie
Qui attend, perfide, que la vague l'ait choisie
Et puis l'eau se retire, laissant un goût salé, une insomnie
Demain la mer sera chaude et d'huile, une accalmie.
09:24 Publié dans Juste des mots | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poesie
30/06/2007
Haïku III
19:40 Publié dans Juste des mots | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poesie
13/06/2007
Matcholosophie
Elles sont belles, là agitées comme des pucelles. Nous le voyons bien. Il s'agit d'un cas typique de transmutation. Vous ne trouvez pas ? J'aime la chimie des phéromones, l'attirance moléculaire. Nous observons, elles se laisseraient bien aller à quelques engouements, à quelques débords.
Thèse. Il est des vides qu'il faut combler, des points que j'ai et d'autres. Des appels en silence à la puissance.
Anti-thèse. Il est des envies qu'il faut combler, des portes qu'il faut garder ouvertes. Des inquiétudes de la puissance.
Synthèse. Nous nous suffisons à nous même. Homme de bienséance et Femme de bienfaisance. Y aurait-il quelqu'un d'autre ?
J'entends gémir de ci de là quelques prunelles, mais j'y suis.
(...)
Hors sujet.
22:30 Publié dans Juste des mots | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : poésie
07/06/2007
Il faut que je pleure
Il faut que je pleure. J'ai le droit. Je ne vois pas pourquoi je ne pourrai pas. Là. Il faut que je pleure.
Je ne suis pas triste, j'ai simplement besoin de libérer les glandes lacrymales. Elles peuvent.
J'ai vu des choses horribles, mais ça n'est pas ça. Quelques enfants qui meurent, quelques maisons qui tombent, mais ça n'est pas ça.
On m'a quitté, insulté, humilié, mais j'ai tenu bon, j'ai souri voire m'esclaffé et là il faut que je pleure.
Ca n'est pas de la joie, non surement pas.
Je pense à demain.
Il faut que je pleure parce que demain, je ne connais pas.
Et j'ai peur.
Et j'ai pleure.
22:45 Publié dans Juste des mots | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : poesie
25/03/2007
Le livre
Je me suis glissé entre tes pages, j'ai slalomé entre chaque lettre de chacun des mots, me cachant derrière un i, me hissant à la force des bras sur la barre du T, ou me balançant, joueur, entre les piliers du H.
J'ai ressenti toute l'émotion, compris chaque phrase que je voyais en grand.
J'ai touché du doigt la symbolique de l'oeuvre. J'ai même léché quelques métaphores imprudentes et caressé moult allégories.
J'y suis resté des heures, peut être des jours ... à bien y regarder je crois que j'y suis encore.
Le livre est mon absinthe.
20:07 Publié dans Juste des mots | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature
17/01/2007
Il y a des soirs comme ça
me acordar y gozar ...
Prendre quelques minutes, fermer les yeux
Glisser la bravas dans l'interstice buccale
Se souvenir et savourer.
22:35 Publié dans Juste des mots | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : mots, poesie










