12/04/2009

Clepsydre

Goutte à goutte.

C'est le venin d'une nuit d'hiver, les étoiles qui n'en sont plus et l'ombre des pins que rejette la lune sur un sol encore endormi par le gel soporifique. 

L'eau qui suit les veinures du verre poli, eau bleu pétrole de la clepsydre frigide, calme les brûlures d'un été insouciant.    

Mais il sait qu'il va partir avant le printemps. Le chapeau enfoncé, la main qui tremble, et ce sang poisseux qui le malaxe.

Ode à la vie disait-il, observait le réservoir de la clepsydre encore optimiste, militaire fantaisiste acceptant le combat.

Le chapeau a profité du vent, ne cachant plus rien que des idolés écorchés.

Goutte à goutte, le dernier coquelicot s'éclipse. 

 


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16/11/2008

Le garçon et la pauvreté

Le garçon sourit, indifférent aux tumultes du monde,
Quelques guerres par ci, quelques bombes par là,
Quelques milliards de billets transparents
Le garçon joue, en super héros, en pourfendeur de monstres.

Il voit dans le cadre animé,
Quelques régents parlant d'omnipotence
Et d'autres, de pauvreté, de chevaliers déchus
De soldats en pyjama de carton

Le garçon et son épée de caoutchouc
Jouent, en super héros, en pourfendeurs de riches.

Et transpirant, exténué, il sourit vainqueur
Et regarde sa mère pleurer, pauvre et seule. 

 

 

13/09/2008

Toi aussi

Babilles et barbelés, malgré tout
Quelques pointillés,  
Cliquetis de barillet
C'est surprenant, je me sens si bien
Tu es là,
Toi aussi,
Mon amour

Passé ton mur de Berlin
Ta ligne Maginot
Et tout ton sacro sein
C'est indécent, je me tend si loin,
Tuer là,
Toi aussi,
Mon amour

Aargh ... et tu t'appliques
J'ai bu de ta liqueur
Addictive empoisonnée
C'est allèchant, un jus de grain
Cruelle là
Toi aussi
Mon amour

Et pour finir, il expulse
Et ton rire déterminé
Et terminé anchylosé
Impénétrant, comme un gamin
Tu seras là
Moi aussi
Ton amour

07/05/2008

Cataplasme

Nous n'avions pas prévu cela,

Une illusion, un clair obscur ou la rumeur d'un crime

Non, nous n'étions pas prévus pour ça

Nous gambadons, nous chatoyons, nous califourchons,

Alors qu'est-ce qui s'est passé ? Quel est le phénomène, la génèse de toute cette merde ?

Parce qu'il faut se l'avouer, nous n'étions pas conçus comme ça 

Le père nous appris l'humour et la mère l'amour

Nous nous souvenons, ils ne nous ont pas expliqués ça 

Nous grelottons là sous nos cartons 

Et jusque quand il faudra pleurer toute cette merde ?   

 

 

02/11/2007

Comme un parfum d'aldéhyde


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Tout d'abord la caresse.
Elle est là, légère entre mes doigts.
Lascive.
Une taille divine.
Elle est si bien roulée qu'aucune aspérité ne vient en contrarier mes chatteries ...
J'écarte légèrement l'index du majeur de manière à la laisser partir vers le sol,
puis d'un coup sec du pouce je la ramène à sa position initiale.

Puis le parfum.
Au début, une odeur âcre, puis peut être un peu de vanille ou de réglisse.
Nul besoin qu'elle soit chaude pour m'enivrer
Je sens déjà les muqueuses à l'affut, les alvéoles résignées
Je ferme les yeux et me souvient

J'approche mes lèvres
Enfin le touché
Elle y trouve sa place de suite, comme si
Elle aussi se souvenait
Ma langue la taquine, je pince les lèvres doucement

Je craque,
Une allumette
Approche

Je la repousse violemment, la brise au creux de la main
Jette le tout
Souffle l'allumette

34ème jour sans tabac.

 

07/08/2007

OGM

Poème proposé chez Ambroise ...

 

Ça n’est pas ta sève sans goût, arbre sans histoire, que je redoute mais la pauvreté du sourire de tes nœuds.

Je voyage de branches en branches, ne regardant vers le sol que pour mieux évaluer ma crainte 

Tu es mon laboratoire, mon éprouvette, mon calibre, je me mesure à toi, arbre sans âge

J’épouse tes mouvements venteux sans réelle stratégie chorégraphique,aurais-tu oublié la jeunesse de tes pousses  ?

Nous sommes bien sur ta cime, arbre sans odeur, effleurés de lumière et peuplés de regard

Je ne suis qu’une superposition d’atomes,
comme toi

Serions-nous suspect de ressemblance factice ?
 

 

 

 

31/07/2007

Slience

 (...) 

 

Certaines paroles bouleversent
Tout le silence à vivre.

 

Andrée Chedid 

(Poèmes pour un texte - Silence à vivre)

 


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24/07/2007

Melancholy

C'est comme une empreinte dans le sable frais
Les grains qui glissent doucement au fond de la cavité
Elle reste malgré tout, le temps d'une marée
Jusqu'à léchée par l'écume, elle disparait, noyée
On peut l'entendre, sournoise, cette mélancolie
Qui attend, perfide, que la vague l'ait choisie
Et puis l'eau se retire, laissant un goût salé, une insomnie
Demain la mer sera chaude et d'huile, une accalmie.

30/06/2007

Haïku III

Là des bribes et des fragments
D'une vie partagée,
Joie d'une terrasse en été



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13/06/2007

Matcholosophie

Elles sont belles, là agitées comme des pucelles. Nous le voyons bien. Il s'agit d'un cas typique de transmutation. Vous ne trouvez pas ? J'aime la chimie des phéromones, l'attirance moléculaire.  Nous observons, elles se laisseraient bien aller à quelques engouements, à quelques débords.

Thèse. Il est des vides qu'il faut combler, des points que j'ai et d'autres. Des appels en silence à la puissance.

Anti-thèse. Il est des envies qu'il faut combler, des portes qu'il faut garder ouvertes. Des inquiétudes de la puissance.

Synthèse. Nous nous suffisons à nous même. Homme de bienséance et Femme de bienfaisance. Y aurait-il quelqu'un d'autre ?

J'entends gémir de ci de là quelques prunelles, mais j'y suis. 

 (...)

Hors sujet.

 

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